Ronveaux obtient sa certification « La mesure du carbone peut devenir un outil utile de pilotage, et non une contrainte administrative »
Le démarrage du parcours
Vous avez obtenu la certification sur l’Échelle de Performance CO₂, échelon 1. Comment avez-vous démarré ce parcours ?
Ronveaux a démarré ce parcours dans la continuité de ses engagements en matière de durabilité, de maîtrise environnementale et d’amélioration continue. La première étape a consisté à structurer notre approche carbone : identifier les sources principales d’émissions, collecter les données disponibles et mettre en place une méthode de calcul cohérente avec les exigences du manuel V4 de l’Échelle de Performance CO₂.
Nous avons volontairement abordé cette démarche de manière progressive et pragmatique. L’objectif n’était pas uniquement d’obtenir une certification, mais surtout de mieux comprendre notre empreinte carbone afin d’orienter nos futures actions de réduction.
Pourquoi avez-vous choisi l’Échelle de Performance CO₂ ?
Nous avons choisi l’Échelle de Performance CO₂parce qu’il s’agit d’un référentiel structuré, reconnu et orienté vers l’action. Il permet de passer d’une intention environnementale à une démarche mesurable, vérifiable et améliorable dans le temps.
Pour une entreprise active dans les secteurs de la construction et des travaux électrotechniques, cet outil présente un intérêt concret : il permet de mieux piloter les consommations énergétiques, les émissions liées aux activités opérationnelles, aux déplacements, aux chantiers et à l’organisation interne. Il répond également aux attentes croissantes des donneurs d’ordre publics et privés en matière de transparence carbone
Combien de temps s’est-il écoulé entre le lancement du projet et l’obtention de l’échelon 1 ?
Entre le lancement opérationnel du projet et l’obtention de la certification échelon 1, quelques mois ont été nécessaires. Ce délai a principalement été consacré à la collecte des données, à la structuration de l’inventaire carbone, à la formalisation des responsabilités internes et à la préparation de l’audit.
Ce calendrier relativement maîtrisé a été possible grâce à l’existence préalable, chez Ronveaux, d’une culture de gestion structurée et d’une expérience en matière de systèmes de management, notamment autour de la qualité, de la sécurité et de l’environnement.
La gouvernance et l’organisation interne
Qui a porté le projet en interne (direction, QHSE, un sponsor dédié) et comment l’avez-vous structuré ?
Le projet a été porté conjointement par l’ensemble des membres de la direction et les fonctions QHSE, avec l’appui de conseillers spécialisés en durabilité (D-CARBONIZE et NETCIRCULAR pour ne pas les citer). La direction a joué un rôle central en validant l’ambition, les ressources et les orientations générales. Le service QHSE a assuré la coordination opérationnelle, la collecte des données, la formalisation documentaire et le suivi des exigences du référentiel.Nous avons structuré la démarche autour de quatre axes principaux :
L’identification des sources d’émissions
La collecte et la fiabilisation des données ;
La définition d’objectifs réalistes de réduction ;
La sensibilisation progressive des équipes internes.
Cette organisation permet d’intégrer la démarche carbone dans les processus existants, sans créer un système parallèle trop lourd.
Ronveaux mise depuis plusieurs années sur la durabilité. Comment l’Échelle de Performance CO₂ a-t-il renforcé ou modifié votre façon de travailler, sur les chantiers comme en interne ?
En complément d’autres systèmes, tels qu’ECOVADIS, CSC, … déjà implémentés chez nous, l’Échelle de Performance CO₂ nous a permis de renforcer notre approche en apportant une dimension plus mesurable à nos actions environnementales. En effet, Ronveaux menait déjà différentes initiatives en matière de durabilité, mais la certification nous a amenés à mieux quantifier nos impacts et à hiérarchiser nos priorités.
En interne, cela se traduit par une meilleure attention portée aux consommations d’énergie, aux déplacements, au suivi des équipements et à la gestion des données. Sur chantier, la démarche favorise une réflexion plus systématique sur les moyens utilisés, l’organisation des interventions, la logistique, les consommations de carburant et les possibilités d’optimisation.La certification a donc renforcé notre capacité à piloter la durabilité de manière concrète, avec des indicateurs et des objectifs suivis dans le temps.
La mise en œuvre et les données
Quelles mesures concrètes avez-vous prises pour atteindre l’échelon 1 ?
Pour atteindre l’échelon 1, nous avons principalement travaillé sur la structuration de notre bilan carbone et sur la mise en place des bases nécessaires à une amélioration continue.Les mesures concrètes ont notamment porté sur :
L’identification des sources d’émissions relevant des scopes 1 et 2, ainsi que des déplacements professionnels concernés ;
La collecte des données de consommation d’énergie et de carburant ;
La consolidation des informations disponibles dans une méthode de calcul cohérente ;
La désignation des responsabilités internes, des personnes clés ;
La sensibilisation de l’ensemble de nos travailleurs ;
La définition de premières pistes d’amélioration et de réduction ;
La préparation de la documentation nécessaire à l’audit.
Cette première étape a surtout permis de poser un cadre fiable pour suivre et améliorer nos performances carbone dans la durée.
Quelle a été la partie la plus difficile à mesurer dans votre empreinte carbone (scopes 1-2, business travel), et comment l’avez-vous résolue ?
La partie la plus complexe a été la consolidation des données liées aux consommations opérationnelles, notamment celles relatives aux véhicules, engins, chantiers et déplacements professionnels.Dans une entreprise active sur différents sites ou chantiers, les données sont parfois dispersées entre plusieurs sources : factures, relevés carburant, cartes carburant, suivis internes, équipements ou prestataires.
Nous avons à présent résolu cette difficulté en centralisant progressivement les données, en définissant des règles communes de collecte et en clarifiant les responsabilités. L’accompagnement externe a également permis de structurer les informations selon les exigences du référentiel et d’assurer une cohérence dans les facteurs d’émission utilisés.
Quel a été le plus grand défi lors de la mise en œuvre ?
Le plus grand défi a été de transformer une démarche environnementale parfois perçue comme générale en un système concret, mesurable et intégré dans le fonctionnement quotidien de l’entreprise.
L’enjeu n’était pas uniquement technique. Il fallait également embarquer les équipes, expliquer la finalité de la démarche et démontrer que la mesure du carbone peut devenir un outil utile de pilotage, et non une contrainte administrative supplémentaire.Le défi principal a donc été de combiner rigueur documentaire, fiabilité des données et appropriation progressive par les collaborateurs.
Les résultats et l’impact business
Quels résultats concrets avez-vous observés jusqu’à présent en matière de réduction de CO₂ ?
À ce stade, l’obtention de l’échelon 1 a surtout permis d’établir une première photographie fiable de notre empreinte carbone et d’identifier les postes les plus significatifs. Cette connaissance constitue une base indispensable pour fixer des objectifs de réduction réalistes et prioriser les actions.
Parallèlement, Ronveaux a déjà engagé plusieurs actions concrètes. Parmi celles-ci figure le développement et l’utilisation de formulations de béton permettant de réduire jusqu’à 15 % les émissions de CO₂ par rapport à des bétons traditionnels. Cette démarche illustre notre volonté d’agir non seulement sur nos propres activités, mais également sur l’impact carbone de nos produits et solutions proposées à nos clients.Les premiers résultats se situent donc principalement dans l’amélioration de la visibilité : nous savons mieux où agir, quelles données suivre et quels leviers peuvent être activés. Les effets en matière de réduction seront suivis progressivement à travers les prochains exercices de mesure.
La mise en œuvre a-t-elle eu un impact sur vos coûts ou sur l’efficacité de l’entreprise ?
Il est encore un peu tôt pour pouvoir le chiffrer, mais oui, la démarche a déjà eu un effet positif sur notre manière d’analyser certains coûts. Les émissions de CO₂ sont souvent liées à des consommations énergétiques ou à des consommations de carburant. En les achetant et en les mesurant mieux, nous identifions aussi des opportunités d’optimisation économique.
La démarche peut donc contribuer à améliorer l’efficacité opérationnelle : meilleure organisation des déplacements, attention accrue aux consommations, optimisation de certains moyens et réflexion sur les équipements utilisés.À court terme, elle demande un investissement en temps et en structuration ; à moyen terme, elle devient un levier d’efficacité et de maîtrise des coûts.
L’Échelle de Performance CO₂ vous a-t-elle déjà donné un avantage concret dans un appel d’offres ou un marché public ?
La certification constitue clairement un atout dans un contexte où les critères environnementaux prennent une place croissante dans les marchés publics et privés. Même lorsque la certification n’est pas encore un critère obligatoire, elle démontre une démarche structurée, vérifiée et crédible en matière de gestion carbone.Elle nous permet de répondre de manière plus solide aux attentes des donneurs d’ordre, notamment lorsque ceux-ci demandent des preuves d’engagement environnemental, des démarches de réduction ou des éléments concrets liés à la durabilité.
De quelle manière la certification a-t-elle renforcé votre position concurrentielle ?
La certification renforce notre position concurrentielle en apportant une reconnaissance externe à notre démarche. Elle montre que notre engagement ne repose pas uniquement sur des déclarations d’intention, mais sur un référentiel reconnu, auditable et orienté amélioration continue.Dans un secteur où les exigences environnementales deviennent de plus en plus importantes, cette certification nous permet de nous différencier, de rassurer nos clients et de nous préparer aux évolutions futures des marchés.
Elle renforce également notre crédibilité auprès des partenaires publics, privés et institutionnels.
Comment réagissent vos clients, donneurs d’ordre et partenaires face à cette certification ?
Les réactions sont positives. Les clients et donneurs d’ordre sont de plus en plus attentifs à la capacité des entreprises à démontrer leur engagement environnemental de manière concrète. La certification sur l’Échelle de Performance CO₂apporte une réponse claire à cette attente.Elle facilite le dialogue avec les parties prenantes, car elle fournit un cadre reconnu et compréhensible. Elle montre que Ronveaux est engagé dans une trajectoire de progrès et qu’elle souhaite contribuer activement à la transition durable du secteur.
Les équipes et les parties prenantes
Comment vos collaborateurs ont-ils réagi à l’introduction de l’Échelle de Performance CO₂ ? A-t-il été difficile d’embarquer tout le monde ?
Comme pour toute nouvelle démarche, il a fallu expliquer le sens et l’objectif. L’adhésion est alors plus facile lorsque les collaborateurs comprennent que la démarche n’est pas uniquement administrative, mais qu’elle concerne directement les pratiques quotidiennes : déplacements, consommation d’énergie, utilisation des équipements, organisation des chantiers.
Nous avons veillé à adopter une approche progressive, en évitant de complexifier inutilement le travail des équipes. L’objectif est d’intégrer les bons réflexes dans les pratiques existantes. L’appropriation se construit dans le temps, avec de la communication, de la pédagogie et des exemples concrets.Donc non, dès le départ, la nouvelle a été bien accueillie par une grande majorité de notre personnel.
Comment embarquez-vous vos fournisseurs et sous-traitants dans la démarche ?
À l’échelon 1, la priorité a été de structurer notre propre démarche interne. Toutefois, nous considérons que les fournisseurs et sous-traitants joueront un rôle important dans les prochaines étapes.Nous souhaitons progressivement renforcer le dialogue avec nos partenaires sur les sujets liés aux consommations, aux matériaux, au transport, aux équipements et aux solutions moins émettrices.
L’objectif est d’avancer de manière collaborative, en privilégiant des échanges concrets et adaptés à la réalité du terrain.À terme, la démarche carbone devra s’intégrer plus largement dans nos relations avec la chaîne de valeur.
L’accompagnement de D-Carbonize & NetCircular
Comment vos conseillers en durabilité, D-Carbonize et NetCircular, vous ont-ils aidés à structurer votre trajectoire carbone et à obtenir l’échelon 1 ?
D-Carbonize et NetCircular ont accompagné Ronveaux dans la structuration de sa démarche carbone en apportant une méthodologie adaptée, des outils performants pour la collecte et l’analyse des données, ainsi qu’un soutien dans la compréhension des exigences du manuel V4.Leur expertise a permis de fiabiliser le calcul de l’empreinte carbone, de préparer efficacement l’audit de certification et de transformer les exigences du référentiel en actions concrètes et applicables au sein de l’entreprise.
Qu’est-ce qui a fait la différence dans cet accompagnement ?
La valeur ajoutée de D-Carbonize et NetCircular réside dans leur capacité à rendre la démarche carbone concrète, pragmatique et parfaitement adaptée aux réalités opérationnelles de notre entreprise.Leur accompagnement nous a permis de construire un système efficace et réaliste, d’éviter les écueils méthodologiques, de gagner un temps précieux et de mettre en place une trajectoire carbone crédible. Leur réactivité constitue également un atout majeur : face aux difficultés ou aux contraintes de délais, ils apportent rapidement des solutions adaptées et opérationnelles.
Recommanderiez-vous cette approche, et à quel type d’entreprise ?
Oui, nous recommanderions cette approche à toute entreprise qui souhaite structurer sérieusement sa démarche carbone.Elle est particulièrement pertinente pour les entreprises qui veulent anticiper les attentes de leurs clients, se préparer aux exigences futures des marchés publics et privés, et mieux piloter leurs consommations énergétiques. L’approche est également utile pour les organisations qui disposent déjà d’un système de management et souhaitent y intégrer plus fortement la dimension carbone.
La vision et la suite
Quelle est la prochaine étape : visez-vous les échelons 2 et 3 ? Avec quelle ambition et quel horizon ?
L’échelon 1 constitue une première étape structurante. Notre ambition est de poursuivre la démarche et d’évaluer progressivement les conditions nécessaires pour viser les échelons supérieurs.
Les échelons 2 et 3 représentent une évolution logique, car ils permettent d’approfondir la mesure, de renforcer les objectifs de réduction et d’intégrer davantage la démarche dans les processus de l’entreprise. Nous souhaitons avancer de manière réaliste, avec une ambition claire mais compatible avec notre organisation et nos activités.
L’objectif est de construire une trajectoire carbone durable, crédible et suivie dans le temps.
Comment cette démarche s’inscrit-elle dans vos obligations à venir (CSRD, objectifs de décarbonation 2030) ?
L’Échelle de Performance CO₂s’inscrit pleinement dans l’évolution des attentes réglementaires et économiques liées à la durabilité. Même si toutes les entreprises ne sont pas directement soumises aux mêmes obligations, les exigences de transparence, de reporting et de réduction des émissions vont progressivement concerner l’ensemble des chaînes de valeur.
Cette démarche nous permet d’anticiper ces évolutions, de structurer nos données et de préparer l’entreprise aux attentes liées à la CSRD, aux plans de décarbonation et aux objectifs climatiques à l’horizon 2030.Elle constitue donc un outil de préparation stratégique autant qu’un référentiel de certification.
Quel rôle voyez-vous pour l’Échelle de Performance CO₂ dans la transition durable du secteur belge de la construction ?
Très sincèrement, nous sommes persuadés que l’Échelle de Performance CO₂peut jouer un rôle important dans la transition durable du secteur belge de la construction, car elle propose un langage commun, des exigences progressives et une logique d’amélioration continue.
Le secteur de la construction doit relever des défis majeurs : consommation d’énergie, mobilité, matériaux, logistique, gestion des chantiers et attentes croissantes des maîtres d’ouvrage. Un référentiel comme l’Échelle de Performance CO₂ permet de structurer les efforts et de valoriser les entreprises qui s’engagent concrètement.Il peut également encourager une dynamique collective entre donneurs d’ordre, entrepreneurs, fournisseurs et sous-traitants.
Conseils & clôture
Quel conseil donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à se lancer ? Quels sont, selon vous, les trois conseils les plus importants ?
Le premier conseil est de ne pas attendre d’avoir un système parfait pour commencer. La première étape consiste surtout à mesurer, comprendre et structurer les données disponibles.
Le deuxième conseil est d’impliquer la direction dès le départ. Sans engagement clair du management, la démarche risque de rester limitée à un exercice administratif. Avec un soutien fort, elle devient un véritable outil de pilotage.
Le troisième conseil est d’adopter une approche pragmatique et progressive. Il faut partir de la réalité de l’entreprise, identifier les postes les plus importants et avancer étape par étape.
En résumé : Commencer simplement, mesurer rigoureusement et progresser durablement.
Isabelle DE BEUL DERUE Denis BROSET Conseillers en prévention
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