Déjà engagée depuis de nombreuses années en faveur de la durabilité et de la circularité, Carmans Group a choisi de structurer davantage sa démarche grâce à l’Échelle de Performance CO₂. En moins de deux ans, l’entreprise a atteint le niveau 5, le niveau le plus élevé de l’Échelle. Une progression qui ne repose pas uniquement sur la volonté de décrocher une certification, mais sur une approche visant à mieux mesurer les émissions, identifier les principaux leviers d’action et améliorer l’efficacité des processus. Avec 85,8 % de son empreinte carbone liée aux activités en amont, Carmans démontre également l’importance d’élargir la réflexion à l’ensemble de la chaîne de valeur. Jade Paulissen, Research and Development chez Carmans, revient sur cette démarche, les résultats obtenus et les enseignements à tirer pour les entreprises qui souhaitent à leur tour s’engager dans l’Échelle de Performance CO₂.

Une démarche structurée pour passer de l’engagement à la mesure

Vous avez obtenu le certificat de niveau 5 de l’Échelle de Performance CO₂ en moins de deux ans. Comment avez-vous entamé cette démarche ?
Embuild Limburg a accompagné Carmans Group au début de la démarche, avec une formation ciblée visant le niveau 3. Cet accompagnement sectoriel a constitué une base essentielle pour poursuivre notre progression jusqu’au niveau le plus élevé. Après cette première formation, nous avons poursuivi le travail en interne et maintenu le rythme afin d’atteindre directement le niveau 5. Chez Carmans, l’accent mis sur la durabilité et la circularité est profondément ancré dans la philosophie d’entreprise depuis de nombreuses années, notamment sur la base des principes de la Blue Economy, ce qui nous a donné une solide base de départ.

« Pour nous, l’obtention du certificat n’était pas un objectif en soi, mais plutôt une confirmation de notre approche. »


Pourquoi avez-vous choisi l’Échelle de Performance CO₂ ?
La circularité et la réduction des émissions de CO₂ qui y est associée sont des éléments fondamentaux des processus de Carmans. Pour nous, l’obtention du certificat n’était pas un objectif en soi, mais plutôt une confirmation de notre approche. Elle offre également une plus-value stratégique : une compréhension approfondie de nos processus et une gestion plus efficace de l’énergie.


Carmans mise depuis de nombreuses années sur la durabilité. Dans quelle mesure l’Échelle de Performance CO₂ a-t-elle encore renforcé ou modifié votre manière de travailler sur les chantiers ?
Puisque nous accordons depuis longtemps une grande importance à la durabilité, nous cherchions déjà à aborder de nombreux aspects de la manière la plus durable possible. La grande différence apportée par l’Échelle de Performance CO₂ réside dans la possibilité de cartographier précisément nos émissions et d’agir ensuite de manière ciblée. Auparavant, nous faisions déjà des choix durables de manière réfléchie, mais ceux-ci reposaient moins sur des données chiffrées concrètes. Aujourd’hui, nous savons exactement d’où proviennent nos émissions et pouvons donc donner la priorité à nos efforts là où leur impact est le plus important.

« Aujourd’hui, nous savons exactement d’où proviennent nos émissions et pouvons donc donner la priorité à nos efforts là où leur impact est le plus important. »


Quels résultats concrets avez-vous observés jusqu’à présent en matière de réduction des émissions de CO₂ ?
L’empreinte carbone totale de Carmans s’élève à 14 481 tonnes de CO₂ par an, dont 85,8 % sont imputables aux activités en amont (production et approvisionnement en matériaux), 12,9 % aux émissions directes sur nos propres sites et 1,1 % aux processus en aval. Grâce aux investissements dans la production d’énergie renouvelable, la part de l’électricité dans les émissions totales est inférieure à 1 %.


Avez-vous constaté que la mise en œuvre de l’Échelle de Performance CO₂ avait également eu un impact sur les coûts ou, au contraire, sur l’efficacité de l’entreprise ?
Chez Carmans, nous accordons une grande importance aux principes de la Blue Economy. L’un des principes fondamentaux est que tout ce qui est écologique doit également être économiquement viable. Cela signifie que nous accordons évidemment une grande attention à la durabilité, mais pas au détriment de l’équilibre financier. L’Échelle de Performance CO₂ s’inscrit parfaitement dans cette philosophie : en cartographiant plus précisément les consommations et les processus, on identifie justement des gains d’efficacité.


Quel a été le principal défi lors de la mise en œuvre de l’Échelle de Performance CO₂ ?
Le principal défi a été de cartographier l’ensemble des émissions. Il faut pour cela oser aller au-delà de ses propres processus et également intégrer les fournisseurs ainsi que l’ensemble de la chaîne de valeur. Étant donné que la majeure partie de notre empreinte (85,8 %) provient des activités en amont, telles que la production et l’approvisionnement en matériaux, il s’agit d’un travail considérable : ces informations ne sont pas toujours faciles à collecter.

Mesurer pour mieux agir : des résultats concrets pour Carmans


De quelle manière l’obtention du certificat a-t-elle renforcé votre position concurrentielle ?
Le certificat de niveau 5 de l’Échelle de Performance CO₂ permet à Carmans de se distinguer dans un secteur où la durabilité devient de plus en plus souvent un critère important. Il offre à nos clients et partenaires la garantie objective, vérifiée par un organisme externe, que notre approche en matière de durabilité ne se limite pas à des intentions, mais qu’elle est effectivement mesurable et axée sur les résultats.


Quelles mesures concrètes avez-vous prises pour atteindre le niveau 5 de l’Échelle de Performance CO₂ ?
Nous avons construit notre politique en matière de CO₂ autour de quatre piliers : Perception, Réduction, Transparence et Participation. En matière de réduction, nous nous employons notamment à convertir progressivement notre flotte à l’électrique, avec le soutien de cartes de recharge alimentées en électricité verte. Nos bureaux de Lummen sont également alimentés par des contrats d’électricité verte. Nous misons au maximum sur le réemploi et l’utilisation de matières premières secondaires, encourageons nos partenaires de transport à adopter une mobilité durable et avons mis en place un plan de mobilité durable pour nos collaborateurs. Carmans a également rejoint la SME Climate Hub afin de prendre des mesures concrètes et scientifiquement fondées en vue d’atteindre la neutralité carbone, conformément aux principes de la SBTi et à l’Accord de Paris.


Comment vos collaborateurs ont-ils réagi à la mise en place de l’Échelle de Performance CO₂ ? A-t-il été difficile d’impliquer tout le monde ?
Non, pas du tout. Puisque la durabilité est une valeur fondamentale de notre entreprise depuis de nombreuses années, cette démarche a été davantage perçue comme une évidence que comme un changement par nos collaborateurs. L’Échelle de Performance CO₂ s’inscrivait parfaitement dans ce que nous faisions déjà et dans nos convictions. Il n’y a donc eu aucune résistance à s’engager dans cette démarche.

Du niveau 5 à la suite : inscrire la démarche dans la durée


Comment envisagez-vous la poursuite de l’Échelle de Performance CO₂ chez Carmans ? Avez-vous déjà prévu de passer au Manuel 4.0 ?
Nous y travaillons déjà progressivement en coulisses. Nous suivons les évolutions liées au Manuel 4.0 de l’Échelle de Performance CO₂ et nous nous préparons à franchir également cette prochaine étape, conformément à notre ambition de continuer à améliorer nos performances en matière de réduction des émissions de CO₂.


Quel conseil donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à se lancer dans l’Échelle de Performance CO₂ ? Quels sont, selon vous, les trois conseils les plus importants ?

(1) Commencez par une mesure de référence approfondie. Commencez par cartographier l’ensemble de vos émissions, y compris celles liées à vos fournisseurs et partenaires, avant de définir des objectifs de réduction. (2) Recherchez un accompagnement sectoriel. Un accompagnement tel que celui que nous avons recherché auprès d’Embuild au début de notre démarche permet de poser des bases solides et de progresser plus rapidement et de manière plus ciblée. (3) Ne considérez pas la certification comme un objectif en soi, mais comme une confirmation de votre vision. Lorsqu’une entreprise a déjà ancré la durabilité dans sa philosophie, elle constatera que le certificat fournit avant tout une structure et un outil de mesure permettant de formaliser ce qu’elle cherche déjà à mettre en œuvre.

« Le fait d’y être parvenus aussi rapidement confirme que nos efforts en matière de durabilité et de circularité, menés depuis de nombreuses années, ne constituaient pas une simple promesse. »

De quoi êtes-vous aujourd’hui le plus fiers depuis que vous travaillez avec l’Échelle de Performance CO₂ ?
Nous sommes surtout fiers d’avoir atteint le niveau 5, le niveau le plus élevé, en moins de deux ans. Le fait d’y être parvenus aussi rapidement confirme que nos efforts en matière de durabilité et de circularité, menés depuis de nombreuses années, ne constituaient pas une simple promesse, mais reposaient sur une approche profondément ancrée dans notre manière de penser et de travailler.